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Boissets
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La bataille de la Vaucouleurs

Boissets compte aujourd'hui environ 290 habitants. Un volume relativement stable puisque, déjà au XVIIe siècle, le nombre d’habitants avoisinait 230. Ainsi, en 1718, la population de Boissets était estimée à 45 feux, soit environs 225 habitants et, en 1790, à 228 habitants. C’est en 1986 que la population était la plus faible ; il ne restait que 51 habitants.

L’église est dédiée à Saint-Hilaire. Elle semble dater, pour sa partie la plus ancienne, du XIIe ou  XIIIe siècle. Elle a été reconstruite vers le XVe siècle ou XVIe siècle, soit après la guerre de Cent Ans. Elle comporte un clocher à structure de bois qui semble avoir été rajouté à l’édifice, au XVIIIe siècle.
L’église possède, outre les statues actuellement déposées à cause des travaux en cours, une poutre classée. Cet entrait, qui pourrait être la poutre de gloire, est sculpté sur sa face ouest. Ses deux extrémités sont dévorées par des animaux mythiques. Au centre, sous le poinçon, on peut distinguer deux animaux supportant un cartouche dans lequel est sculptée une tête humaine casquée et de profil.

La Vaucouleurs prend sa source à Boissets, à proximité de l’église. À l’emplacement de cette source s’élève un oratoire de forme pyramidale dédié à Saint Odon, deuxième abbé de Cluny. Etymologiquement, Vaucouleurs signifierait "val coloré", ce qui s’est altéré en "val fleuri".

Il existe une légende selon laquelle, à une époque non précisée, un conflit entre les seigneurs de la Ville l’Evèque et de Montchauvet a donné lieu à une bataille en ces lieux. Au cours de cette journée, la rivière changea plusieurs fois de couleur (8 fois?) rougie par le sang des combattants. C’est également à cette époque que le premier village de Boissets fut totalement détruit.

Jusqu’au début du XXe siècle, la source de la Vaucouleurs et l’oratoire de Saint Odon étaient l’objet d’un des plus réputés pèlerinages de l’ancienne Seine-et-Oise. Ce pélerinage, qui date du Moyen-Age, était circonstanciel. Lors des étés très chauds, lorsque les vendanges et les récoltes étaient menacées par la sécheresse, toutes les communes avoisinantes organisaient le pélerinage à Saint-Odou-de Boissets.

M. Raoul Blavat, maire de Berchères, de 1945 à 1971, se souvient qu'aux premières années de ce siècle, il y eut encore des pélerinages occasionnels. La ferveur publique était immense et la foule demandait à Saint Odou de faire tomber la pluie.

Les eaux de la source étaient réputées douces, pour les maladies de la peau et pour les yeux. C’est à cause de cette référence à de l’eau douce que le nom de Saint Odon s’est altéré en Saint Odou.

Jusque dans les années 1960, la Ferme de la Fasse possédait une grange dont les murs étaient soutenus par des contreforts identiques à ceux de l’église. Le passage sur la ferme d’une tornade, très localisée au-dessus de la Vaucouleurs, projeta la grosse porte de cette grange très haut dans le ciel. Les dégâts furent si importants que la grange dut être démolie.

Le lavoir visible actuellement date de 1897. Il existait un autre lavoir à proximité de l’église, sur le cours de la Vaucouleurs.
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