Extraits d’un livre 'Champagne (en pays Drouais)' écrit par Monsieur Charles MAILLIER en 1966
Le Village
Champagne, commune du canton d’Anet, est situé sur un plateau qui domine les rivières de la Vesgre et de l’Opton.
Ce terrain plat justifie le nom qui lui fut primitivement donné et qu’il a conservé : CHAMPAIGNE (Campanie).
Des documents qui le mentionnent, le plus ancien actuellement connu est un acte de l’an 1174 d’une donation par Simon de MONTFORT au Prieuré de Champagne (Campanias).
On trouve encore Campanie au Pouillé de 1250, Champaignes en 1555, Champagnes en 1612 (terrier de la Musse), Campania au Pouillé de 1626, Sainte Croix de Champagne à celui de 1736.
D’après Monsieur MAILLIER, en 1738, le nombre d’habitants devait s’élever à environ 160, pour une vingtaine de foyers. Son nombre a peu varié sur 100 ans :
1826 : 130 habitants,
1836 : 120
1846 : 112
1856 : 116
1861 : 117
1870 : 119
1890 : 124
1895 : 117
1905 : 111
Puis il n’a cessé de décroître pour arriver à 86 habitants en 1966.
Depuis, la commune s’est développée doucement puisque nous comptons maintenant 190 habitants.
La vie du village
Tout le travail de Champagne se résume en un mot : la terre et spécialement l’agriculture. On notera cependant que jusqu’au 19ème siècle on y élevait beaucoup de moutons 1220 têtes en 1837, (non comprise la troupe de la Commanderie) les écrits les plus anciens parlant de cet élevage remontent à 1532.
Avant la Révolution, il y avait d’ici et de là quelques quartiers de vigne à l’usage particulier.
Un rapport de 1852 résume ainsi la situation économique de Champagne.
On ne trouve ni puits, ni mare appartenant à la commune, terrain plat et uni.
Le sol est composé d’une terre franche très froide. Le sous-sol est calcaire. La marne que l’on trouve sur tout le territoire est de très mauvaise qualité. L’eau se trouve presque à la surface de la terre, à 1 m environ. Terres labourables produisant du froment, de l’orge, de l’avoine, du seigle et des foins.
La Commanderie de Champagne
La Commanderie de Champagne était une possession de l’ordre de l’Hôpital Saint Jean de Jérusalem, qu’il ne faut pas confondre avec l’ordre des Templiers.
Cet ordre a été fondé tout à la fin du 11ème siècle par les frères laïques d’un hôpital de Jérusalem dépendant d’un monastère dont la chapelle était dédiée à Saint Jean Baptiste. Les frères qui se dévouaient au service des malades et pèlerins y ajoutèrent par la suite le service militaire. Quittant la règle de Saint Benoît pour celle de Saint Augustin, ils virent leurs statuts et possessions confirmés en 1113 par une Bulle du Pape Pascal II.
Après que les Chrétiens furent définitivement chassés de Syrie, les Chevaliers se retirèrent dans l’île de Chypre, puis en 1310 dans l’île de Rhodes.
Chassés par les Turcs en 1522, ils se fixèrent en 1530 dans l’île de Malte qui leur fut donnée par Charles QUINT, et prirent alors le nom d’Ordre de Malte. Les anglais conquérant Malte en 1800, l’Ordre fut dispersé. Il fut reconstituer en Italie au cours du 19ème siècle et une branche subsiste en France.
Dés son origine l’Ordre des Hospitaliés, grâce aux dons reçus, fonda des Commanderies et des Prieurés.
L’une d’elle est la Commanderie de Champagne (environ 50 ares) dés le 12ème siècle. Elle n’a donc jamais appartenue aux Templiers.
Il n’y existe plus de bâtiments anciens. Aucun souvenirs n’y rappelle les chevaliers de l’Hospital St Jean de Jérusalem. Seuls les fossés subsistent en partie.
L’Eglise de la Saint Croix
A l’installation des Chevaliers de l’Hospital à Champagne, ils ne construisirent pas de Chapelle particulière à l’intérieur de la Commanderie et ils se servirent de l’Eglise Paroissiale.
Donc l’Eglise est par conséquent le Village existaient avant la venue des Chevaliers à Champagne qui se situe vers le milieu du 12ème siècle.
L’Eglise a-t-elle toujours été dédiée à St Croix ? Ne serait-ce pas les Chevaliers de St Jean de Jérusalem qui en raison de l’origine de leur Ordre, lui aurait donné se patronage ?
Rappelons les faits.
La tradition attribue à l’Impératrice Hélène mère de Constantin, l’honneur d’avoir fait rechercher, et d’avoir retrouvé la Croix du St Sauveur. On la découvrit à l’endroit même du calvaire. Plus tard, HÉRACLIUS vainquit les Perses, leur reprît la Croix qu’ils avaient ravie, et la rapporta solennellement à Jérusalem le 3 mai 628. C’est cette date qui a été choisie pour la fête de l’invention de la Sainte Croix.
Il serait donc possible que l’Ordre qui prit naissance à Jérusalem ait désiré marquer sa prise de possession de l’Eglise Paroissiale en la dédiant à la Sainte Croix. Ce serait aussi la raison pour laquelle on y voit les statues de Ste Hélène et de St Jean-Baptiste.
Le clocher abrite une cloche de 64 cm de hauteur pour 77 cm de diamètre au bas de la robe. Bénie en 1638, elle se nomme Hélène. Sous l’inscription, entre deux filets, court une guirlande de fleurs de lys et de petites roses. Une croix figure au dessus de trois filets décorant le haut de la pince (bas de la cloche où frappe le battant) et trois autres filets courent sur la partie inférieure…